Marc Debrun def

Transformation numérique des sites pharmaceutiques

Attentif à la transformation numérique des sites pharmaceutiques, Polepharma organise le 4ème Colloque POLEPHARMA sur l’Industrie du Futur, le 5 novembre 2020, au Kindarena de Rouen, en Normandie.
L’arrivée des nouvelles technologies amène l’industrie à revoir son système de production et la manière de concevoir les produits. Le colloque arrive à point nommé pour faire une mise au point avec les sites, se poser les bonnes questions et se donner les moyens d’adopter de nouvelles méthodes et approches innovantes.
Eclairages avec Marc Debrun, président de Beaufour Ipsen Industrie et directeur d’Ipsen Dreux, membre du conseil d’administration de Polepharma, qui va présider cette nouvelle édition. 
A l’heure actuelle, quel diagnostic faites-vous de la maturité numérique des sites pharmaceutiques ?

La révolution numérique est en marche, c’est un fait et un virage incontournable. Toutefois, cette transformation ne peut être abordée de manière uniforme par tous les sites, qui se trouvent à des niveaux de développement hétérogènes. Avec des intérêts variables entre ceux qui n’en sont qu’aux balbutiements, d’autres qui ont déjà développé une POC, voire monter un pilote sur l’ensemble d’un site. Ce que l’on peut dire est qu’au delà des technologies, l’Industrie du Futur recouvre de nouvelles méthodes et approches innovantes. Et avec elles, souvent des schémas disruptifs, qui dépassent l’amélioration continue, et sur lesquels nous avons encore peu de recul. S’impliquer dans cette direction signifie engager des investissements financiers et en moyens humains importants. Les ressources humaines se retrouvent nécessairement aux avant-postes pour la pousser.

Dans ce contexte, comment avancent les sites face aux défis de la filière ?

Ce que l’on voit est que les sites pharmaceutiques se mettent en branle pour prendre le virage numérique le plus intelligemment possible. Les managers sont en permanence confrontés à des choix de Qualité, Coûts et Délais (CQD), en fonction desquels ils doivent définir des priorités d’action. Naturellement, la qualité doit être au plus haut, les coûts au plus bas et les délais au plus courts.

Dans le même temps, l’environnement évolue profondément. On nous demande d’être à la pointe de la sécurité sanitaire et dans le zéro risque. De sécuriser nos process pour assurer des produits sûrs et efficaces pour les patients. Relever ces défis va nécessairement passer par la digitalisation, la dématérialisation et une meilleure exploitation des données. Ces évolutions s’inscrivent également dans le recours accru à une « médecine personnalisée » plus ciblée pour améliorer l’efficience et la qualité des soins.

Comment les nouvelles technologies peuvent aider les entreprises du réseau Polepharma ? 

L’impact positif des nouvelles technologies peut se voir à plusieurs niveaux. Pour les entreprises, l’automatisation et la robotisation des tâches complexes et répétitives, en soulageant l’opérateur, représentent déjà d’importantes opportunités de gains de productivité et de réduction de coûts.

Les nouveaux outils ont également la capacité de simplifier les prises de décisions, les analyses et les prédictions par la mise en réseau des ressources et données de production. Aujourd’hui, nous pouvons prédire qu’un lot sera bon avant même qu’il ne soit lancé ! De même, les programmes de maintenance prédictive sont de plus en plus reconnus pour assurer la fiabilité des équipements.

Dans la sphère RH aussi, nous voyons apparaître des méthodes de prédiction intégrant l’intelligence artificielle (IA) ou l’intégration d’algorithmes appliqués au recrutement ou à la gestion des carrières.

Deux autres axes me semblent importants à noter: l’accélération et la sécurisation des processus, grâce notamment à la Data Integrity pour la protection de nos données.

Pourquoi le prochain colloque sur l’Industrie du Futur arrive-t-il à point nommé ?

Les sites doivent entrer de plain pied dans les nouvelles technologies pour travailler de manière plus intelligente et efficace, mais ils doivent le faire prudemment. Nous souhaitons les amener à se poser les bonnes questions pour choisir une première étape, plutôt que de s’engager dans un déploiement massif. L’année dernière, le Colloque POLEPHARMA Industrie du Futur a rassemblé 250 décideurs et acteurs de production. Comme l’année précédente, cette quatrième édition s’adresse à tous les départements de sites impliqués au quotidien dans ces rapides évolutions, de la direction, à la production, la qualité, aux RH, jusqu’aux start-ups, consultants extérieurs et autres partenaires de l’entreprise. Ce qui compte est de favoriser le benchmark des idées, des expériences et des pratiques, pour faciliter la prise de décision pour avancer.

En tant que président, quel message souhaitez-vous faire passer sur le colloque ?

Il me semble que le colloque est une occasion unique de réfléchir aux nouvelles technologies en intégrant le facteur humain. Cela va très vite, et les métiers de demain restent à réinventer. Le message à faire passer est qu’il faut préparer les équipes dès maintenant à accompagner le changement ou les faire évoluer rapidement sur d’autres compétences pour soutenir les technologies. Pour faire face aux enjeux de transformation des métiers, d’organisation, de management ou de manières de travailler ensemble, les fonctions RH doivent être associées aux projets dès le début. C’est tout l’enjeu de la gestion prévisionnelle des emplois (GPEC) d’apporter de la cohérence et de la visibilité aux équipes.

Quels enjeux et axes de la transformation seront traités plus particulièrement ?

Avec le comité de programmation, nous travaillons autour de 3 axes clés pour le colloque.

Dans une première partie, notre ambition est de présenter une vision prospective claire des problématiques et des tendances pour inspirer l’action. Nous allons rappeler ce vers quoi nous allons tendre : l’IA, avec ses risques et ses utilisations, en soulignant les freins actuels à l’accélération, qui limitent notre envie d’aller plus vite et plus loin. Sans oublier de faire un point sur l’évolution des métiers.

La prise de conscience dans les sites relève aussi d’une vision pratique, que nous allons développer dans une seconde partie en cours d’élaboration. L’idée est de mettre en avant des retours d’expériences sur l’Internet des Objets (IoT), le Robot Process Automation (RPA), ou encore les dossiers de lots électroniques, … Au travers d’une session « tops et flops », j’ai proposé de mettre en évidence les pièges éventuels mais aussi les réussites ou les échecs possibles pour aider les sites à déterminer les axes déterminants du succès.

Nous finirons la journée sur un regard décalé et différent sur les tendances. Au travers du filtre d’un magicien mentaliste, qui interviendra sur la transformation numérique et l’IA. Comment repenser les liens entre l’homme et la machine à l’heure du numérique ? Les nouvelles technologies ont d’ores et déjà transformé notre manière de travailler et de vivre au quotidien. Il y a un nouvel équilibre à trouver avec l’homme « augmenté » !

Selon vous, quelles conditions permettront à la filière, et aux entreprises du réseau Polepharma, de réussir et d’accélérer les transformations ?

Le travail en réseau est une force de Polepharma. Les échanges, la mise en relation, et les nouvelles collaborations qui naitront à l’issue du colloque, nous permettront d’aller plus loin, plus vite. Ce colloque est le meilleur endroit pour faire une mise au point et prendre ce virage tous ensemble pour rester les meilleurs dans la compétition mondiale. Face aux défis de compétitivité et de croissance sur nos territoires, nous n’avons pas le temps d’hésiter car le reste du monde ne nous attendra pas !

Propos recueillis par Marion BASCHET-VERNET, Journaliste. 

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